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L’Alexandrin à Lyon

Publié le 15/03/2010 par Deedee

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Générosité. C’est le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on veut évoquer Laurent Rigal. De sa cuisine à sa personnalité, tout chez lui est affaire de rondeur, de saveurs et de goût.

Samedi 27 février. La tempête menace la France. L’hiver s’éternise, interminable, plat, froid.

Je pousse la porte de l’Alexandrin. Le cadre chaleureux qui s’offre à moi contraste agréablement avec le climat.

Corine Rigal, l’épouse du Chef, m’accueille. Le restaurant est encore calme, le commis de salle n’est pas encore en livrée. Les uns et les autres s’affairent qui à mettre à jour les menus, qui à dresser les dessertes. L’ambiance est simple, chaleureuse.

Et puis, il arrive. Une poignée de main franche et solide plus tard, nous sommes attablés autour d’un café.

Je suis intriguée. Pourquoi ce Chef, étoilé depuis 2008, travaillant exclusivement sur des produits « nobles » et de saison, a-t-il choisi de relever ce défi d’introduire du St Môret dans sa cuisine ?

L’homme me répond sans détour. Non, il n’aurait pas forcément pensé spontanément à ce mariage atypique. Mais qu’à bien y réfléchir, le défi de démocratiser la gastronomie haut de gamme en introduisant un produit plus simple que ceux qu’il a coutume de travailler est sacrément séduisant.

« Je veux essayer de faire comprendre aux gens que même avec des produits simples et abordables, ils peuvent réellement faire de la cuisine. »

Et de poursuivre. « Les gens ne s’offrent plus aussi spontanément qu’avant le luxe d’une bonne table. En leur proposant un produit moins intimidant et qu’ils peuvent trouver facilement, j’espère leur prouver qu’ils ont tort ! »

Je cherche à en savoir plus sur les recettes qu’il a élaborées. Laurent Rigal me confie qu’il travaille à l’instinct et que ce que je vais goûter aujourd’hui ne sera peut-être pas ce qu’il offrira le 19 mars, le 25 mai et le 20 juin, les trois dates retenues pour découvrir les formules St Môret à l’Alexandrin. « Les saisons auront aussi une incidence sur le résultat, c’est sûr : en mars, on ne trouve pas les mêmes produits qu’au mois de juin« .

Ce qui est certain, en revanche, c’est que ses recettes ne sont pas pompeuses. « Il faut connaître ses limites… Certains mélanges me font peur, il faut arrêter les délires ultra complexes qui n’ont finalement ni queue ni tête. J’espère que les clients qui seront venus découvrir la formule St Môret pourront refaire chez eux ce qu’ils auront mangé ici !  »

Pour l’heure, je m’apprête à déguster un pied de cochon au St Môret, suivi d’un carré d’Agneau et Olives noires, toujours au St Môret. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Laurent Rigal a mis du cœur à l’ouvrage, ça se voit, et ça se sent…Générosité, je vous l’ai dit !

A propos de l'auteur

Deedee

Deedee

Quand elle avait 4 ans, Delphine Desneiges voulait être ambulancière. Ou écrivain. Fraichement diplômée du CELSA et de Sciences-Po en 2005, ses premières amours la mènent finalement à ouvrir son blog, un carnet féminin et parisien qu’elle s’efforce de rendre léger sans être inconséquent. En 2007, Cosmopolitan la remarque grâce au succès de son blog et lui propose le poste de responsable éditoriale Web qu'elle occupe actuellement.

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